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Cairns face au couché de soleil

Plan d’Épargne en Actions (PEA) : Tout ce que vous devez savoir

Le Plan d’Épargne en Actions a été créé dans le même but que Le Coq de Wall Street : inciter les Français à investir en Bourse.

Que vous soyez débutant ou confirmé, vous avez forcément déjà entendu parler du PEA. Il permet en effet d’investir en Bourse tout en bénéficiant d’avantages fiscaux.

Dans cet article, nous allons voir en détail tous les aspects du Plan d’Épargne en Actions, et pourquoi vous aussi vous devriez en avoir un !

Qu’est-ce qu’un Plan d’Épargne en Actions (PEA) ?

Le PEA ou Plan d’Épargne en Actions est une enveloppe fiscale avantageuse composée de deux comptes :

  • Un compte-titres, dans lequel sont détenus les titres financiers (aussi appelés valeurs mobilières)
  • Un compte espèces, dans lequel se trouve l’argent du propriétaire (l’argent versé avant que celui-ci ne soit investi ou des gains de ses placements)

Si le PEA est si intéressant, c’est qu’il permet d’être totalement exonéré d’impôt tant que l’argent ne sort pas de cette enveloppe.

Il est possible de réaliser des gains en revendant des actions, tant que l’argent reste sur le compte espèces du PEA, ceux-ci ne sont pas imposés.

En plus de cela, 5 ans après le premier versement réalisé sur le PEA, tous les retraits sont exonérés de l’impôt sur le revenu.

Un schéma récapitulatif avant d’aller plus loin :

Schéma détaillé explication fonctionnement PEA

 

Il existe 3 types de PEA, chacun ayant ses spécificités :

  • Le PEA classique (bancaire ou assurance)
  • Le PEA-PME
  • Le PEA Jeune

Nous allons principalement parler du Plan d’Épargne en Actions classique (bancaire), qui est le plus commun. Nous verrons ensuite les spécificités du PEA-PME, du PEA Jeune et du PEA assurance.

Revenons sur la fiscalité du PEA et sur ce que cela implique pour un investissement long terme.

La fiscalité très avantageuse du PEA

Fiscalement, contrairement à un compte-titres ordinaire, le Plan d’Épargne en Actions à deux avantages majeurs :

Pendant la vie du PEA

Tant que l’argent ne sort pas du PEA, celui-ci n’est pas imposé.

Pour tout autre placement, chaque gain est soumis à l’impôt au moment de la revente des actions ou de la réception des dividendes.

Dans un PEA, tant que l’argent reste dans le compte espèces du PEA et qu’il n’est pas retiré, celui-ci n’est pas imposé.

Lors du retrait du PEA

5 ans après l’ouverture du PEA, les gains réalisés sont exonérés de l’impôt sur le revenu.

Attention : le retrait de la totalité du portefeuille entraîne la clôture du PEA

Les gains sur valeurs mobilières sont soumis à un impôt fixe de 30%, appelé PFU pour Prélèvement Forfaitaire Unique.

Ces 30% d’imposition sont composés de 12,8% d’impôts sur le revenu et de 17,2% de prélèvements sociaux.

5 ans après l’ouverture du PEA, les gains ne sont donc plus soumis qu’aux prélèvements sociaux de 17,2%.

 Avant 5 ansAprès 5 ans
Impôt sur le revenu12,8 %0 %
Prélèvements sociaux17,2 %17,2 %
Retrait du PEAClôture du PEA *Retraits possibles et possibilité d'effectuer des versements **

*sauf licenciement, invalidité, retraite anticipée…

**les retraits partiels n’entraînent pas la clôture du plan, il est même possible d’effectuer des versements (dans la limite du plafond). Un retrait total signe la fermeture du PEA.

Les 4 contraintes du Plan d’Épargne en Actions

Évidemment, de si grands avantages viennent avec un certain nombre de contraintes.

1. Les conditions d’ouverture d’un PEA

Il faut être majeur et fiscalement domicilié en France pour ouvrir un PEA ou un PEA-PME.

Depuis le 1er Janvier 2019, grâce à la loi Pacte, les jeunes entre 18 et 25 ans peuvent eux aussi ouvrir un PEA Jeune, même s’ils sont toujours rattachés au foyer fiscal de leurs parents.

Attention : La date d’ouverture du PEA correspond à la date du premier versement.

Il n’y a aucun minimum de versement pour ouvrir un PEA. Certains établissements bancaires ou courtier peuvent fixer un minimum, faites attention à cela avant de faire votre choix.

Une fois les démarches faites, il sera donc important de verser ne serait-ce qu’un euro pour prendre date sur l’ouverture du PEA. Vous pourrez ainsi profiter de l’exonération de l’impôt sur le revenu lors de vos retraits au plus tôt.

2. Des versements limités

Le plafond des versements au sein d’un PEA est limité à 150 000€.

Il s’agit bien des versements – vos apports – qui sont limités. Votre PEA peut tout à fait avoir un encours d’un million d’euros si vous réalisez de très bons investissements.

3. L’argent est bloqué

Afin de bénéficier de son avantage fiscal, le PEA doit avoir été ouvert au minimum 5 ans. L’argent n’est donc pas vraiment bloqué, puisqu’il est possible de le récupérer.

Cependant, effectuer un retrait avant les 5 ans du PEA entraîne sa clôture et la revente automatique de tous les titres en portefeuille (sauf cas particuliers tels que perte d’emploi, invalidité…).

De plus, ce retrait sera taxé comme un compte-titres ordinaire à 30% et ne bénéficiera d’aucun avantage fiscal.

4. Des possibilités d’investissement restreintes

Le PEA limite l’investissement aux entreprises ayant leur siège social dans un pays membre de l’Union Européenne.

Il est donc impossible d’investir dans des sociétés américaines par le biais de son PEA.

Néanmoins, il est possible d’investir indirectement à l’étranger grâce aux ETF.

En cas de doute quant à l’éligibilité d’un titre au PEA, vous trouverez cette information sur le site de l’entreprise, la fiche descriptive de l’ETF ou bien sur des sites spécialisés tels que Zonebourse.

Les autres types de PEA

Le PEA-PME

Le PEA-PME peut être combiné au PEA classique.

Son plafond de versement propre est de 225 000€. Mais attention, l’enveloppe globale du PEA et du PEA-PME ne doit pas dépasser les 225 000€.

Ainsi, si votre PEA a déjà atteint son plafond de 150 000€, votre PEA-PME sera limité à un apport de 75 000€.

Et comme son nom l’indique, il est encore un peu plus restrictif en termes d’entreprises éligibles puisque celui-ci est restreint aux PME européennes.

Le PEA Jeune

Le PEA Jeune ne peut être combiné à aucun autre type de PEA. Il est quant à lui destiné aux jeunes entre 18 et 25 ans toujours rattachés au foyer fiscal de leurs parents.

Son plafond de versement est limité à 20 000€.

Et lorsque le jeune sort de la condition d’âge, ou n’est plus rattaché au foyer fiscal des parents, le PEA Jeune se convertit automatiquement en PEA classique.

Il garde son ancienneté d’un point de vue fiscale et son plafond de versement est réajusté à 150 000€.

C’est donc un excellent moyen pour débuter en Bourse, ou même simplement prendre date dès 18 ans, sans même investir.

Le PEA assurance

Le PEA assurance est un PEA classique détenu au sein d’une compagnie d’assurance. Il est cependant bien moins commun et connu que le PEA bancaire, détenu dans une banque ou chez un courtier.

Plan d’Épargne en Actions vs Compte-titres ordinaire

Faisons un récapitulatif des principales différences entre un PEA et un CTO :

 Compte-titres ordinairePEA classique
Nombre de comptesIllimitéUn par personne
Que peut-on y loger ?Tout type de titres financiersActions ou paniers d'actions composés à 75% d'entreprises européennes
Conditions d'ouvertureÊtre résident fiscal français ou avoir la nationalité françaiseÊtre majeur et fiscalement domicilié en France
Limite de versementAucune150 000€
Avantages fiscauxAucun- Les gains restant dans l'enveloppe du PEA ne sont pas imposés
- Après 5 ans, les gains sont exonérés de l'impôt sur le revenu

Un exemple pour comparer PEA et CTO

Théo ouvre un compte-titres ordinaire et Lilly ouvre un PEA. Les deux y placent 6 000€.

Tous les deux placent 500€ par mois, ont un rendement de 10% par an et revendent tous leurs placements en fin d’année pour récupérer leurs gains et les réinvestir l’année suivante.

Sur les 6 000€ placés la première année, ils ont donc tous les deux une plus-value de 600€. Théo paye 180€ d’impôts sur ce gain (30% des 600€), il réinvestit les 420€ restants en plus des 6 000€.

Dans son PEA, Lilly n’est pas imposée, elle réinvestit donc l’entièreté des 6 600€.

De plus, ils rajoutent tous les deux 6 000€ par an (500€ par mois) à leur placement.

Vous connaissez la puissance des intérêts composés, vous voyez donc où vont les choses.

En année 25, les deux ont versé 150 000€ sur le compte titres et sur le PEA, mais leur résultat n’a rien à voir.

À payer des impôts sur chaque gain, Théo se retrouve avec un placement d’un peu moins de 406 000€.

Lilly, elle, qui a conservé son argent dans son PEA, n’a pour l’instant payé aucun impôt. Son placement approche les 650 000€ !

Pour les mêmes placements et le même montant investi !

Comparaison à investissement identique

Lilly ayant conservé son PEA plus de 5 ans, elle est exonérée de l’impôt sur le revenu. Elle ne paye que 17,2% de prélèvements sociaux sur ses gains.

Son PEA s’élève à 650 000€. Elle a investi au total 150 000€, sa plus-value globale est donc de 500 000€. Ainsi, Lilly va payer 17.2% de 500 000€ soit 86 000€ de taxe.

Après 25 ans et un retrait total de son PEA, Lilly aura donc 564 000€ dans sa poche.

Un graphique pour illustrer notre exemple :

CTO vs PEA jusqu'à limite de versement

Le PEA gagne haut la main !

Admettons que Théo continue de rajouter 6 000€ par an, le compte-titres n’ayant pas de limite de versement.

Lilly continue quant à elle de laisser courir les intérêts composés de son PEA, sans rajouter à son versement maximal de 150 000€ déjà atteint.

Voici les résultats après 40 ans :

CTO vs PEA après 40 ans d'investissement

En investissant presque 100 000€ de moins, Lilly aura finalement dans sa poche 1 000 000€ de plus que Théo.

Tout cela est possible uniquement grâce à la combinaison des deux avantages fiscaux du Plan Épargne Action.

 

En conclusion, les avantages du PEA sont si importants, comme nous l’avons démontré dans notre exemple, qu’il faudra toujours acheter les titres éligibles dans son PEA plutôt que dans un compte-titres ordinaire.

Pour un débutant, on va favoriser l’achat d’ETF spécialement conçu pour les PEA, permettant d’avoir un bon rendement sans avoir à être un expert financier.

Ça sera justement le sujet du prochain épisode, apprendre à trouver et à choisir un ETF !

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